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D'une rive à l'autre

Anecdotes (suite)

L’anecdote comble mon amnésie sélective. Telle celle-ci.

J’avais moins de dix ans et hormis le Oulaoup  en vogue dans les années soixante auquel je m’adonnais à la perfection, il me vint l’idée saugrenue de me vêtir d’un large jupon en nylon bleu et de tourner sur moi-même, telle une toupie, dodelinant de la tête avec la rotation et les bras étendus à l’horizontale en guise de balancier.

J’ai attendu l’âge approximatif de quarante-cinq ans pour découvrir des similitudes frappantes avec la « danse » des soufies. De surcroît, ils pratiquaient l’astrologie. Cette pratique était en analogie avec le mouvement des astres dans leur pérégrination éternelle. C’est ainsi que je faisais le soufi sans le savoir.

A noter qu’il existait à côté de chez nous un foyer de jeunes travailleurs hébergeant des turcs. Depuis assez longtemps, la Turquie est un pôle rayonnant du soufisme. Je n’avais bien entendu dans mon jeune âge aucun contact avec eux.

L’astrologie

L’astrologie m’attirait comme un aimant mais pas de livre, encore moins de professeur et je n’avais pas dix ans.

Il me restait ces belles représentations graphiques des signes astrologiques que je pouvais à de rares occasions contempler dans des revues et parfois découper aux ciseaux. Les livres n’avaient pas leur place dans nos familles et ne parlons pas de la musique dite classique, Chopin, quelle horreur ! Comment pouvait-on écouter cette bouillie pianistique !

C’est dire le peu d’accès à la culture en vigueur dans la plupart des ménages ouvriers de l’époque

Dans mon quartier, hormis mes deux amies Elizabeth et Michelle, il y avait pas mal de garçons et je fonctionnais comme eux. Pour grimper dans les peupliers et accéder aux premières branches, il fallait se faire la courte échelle, exercice périlleux pour nos petites jambes. J’avais de ce fait les genoux en bouillie avec des croûtes permanentes sous lesquelles prospérait du pus. Quel plaisir d’enlever ces croûtes avec les ongles.

 

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